Posté le 03.05.2008 par menteusementeuse
Dérive à l'inverse
MAIS QU'EST-CE QU'ON PEUT FAIRE...
Je veux pas mourir
J'écris parce que cela me fait du bien, cela me lave un peu, cela me rend pure et neuve surtout.
[i]Première rencontre
Décembre 2007. Première rencontre.[/i]
Contra « en face de »
malencontre « mauvaise rencontre »
La porte s'est poussée, ouverte par ma main. La porte se pousse, se pousse, s'est poussée... ZUT je connais pas, je sais pas, une inconnue est assise sur le bureau de la secrétaire. Peur. Pas d'apaisement. Vu comme elle m'a regardé, j'ai cru qu'elle allait m'engueuler pour n'avoir pas sonné. Rien dire, se protéger.
Je passe et je vais m'asseoir sur une chaise dans la salle d'attente. Je ne la connais pas, je viens voir madame CBAZ, avec qui j'ai rendez-vous. Je suis assise. Elle passe très vite, comme un orage, qui fait peur, sans le calme et le sourire, et se dirige sans un regard vers moi vers le couloir qui mène à une autre pièce que je ne connais pas. Pas de sourire, on ne se connait pas et je n'existe pas pour elle. C'est la mort.
Plus tard
Janvier 2008, j'apprends que Madame CBAZ va prendre sa retraite, et que ce sera mi-mars. Bon, ben, c'est pas grave, c'est pas désespérant du tout, quoi ! [C'est un drôle de nom, CBAZ, mais c'est quand même pas de sa faute, faut pas se moquer.]
Pendant rendez-vous avec madame CBAZ où l'on parle un peu de sa retraite, -je me rappelle ma rencontre de décembre 07. Je me tourne vers madame CBAZ, j'ai peur plutôt très peur, depuis mon ventre, et par peur, je lui demande à tout hasard, si cette personne ne serait pas une des deux futures psychologues qui vont succéder à elle et sa collègue. Ma rencontre me fait peur très peur peur de peur. Madame CBAZ (comment dire ...) me renvoie deux choses :
d'après la description physique que je lui en donne, elle me dit « cela doit être A. » Oui, c'était une des deux psychologues qui allaient la remplacer, elle et sa collègue. Madame CBAZ me renvoie deux choses :
1 Elle essaie de me faire comprendre qu'il ne faut pas se fier aux apparences, la première fois que je l'ai vue, elle, quel effet m'a t-elle fait ?
2 Mais, me dit-elle, je comprends votre peur.
Je rentre chez moi.
Le soir, je suis prise d'une violente migraine, et je me mets à vomir. Le lendemain, et le surlendemain, mercredi et jeudi, je suis au fond de mon lit, je vomis, et surtout j'ai peur. Je ne supporte pas la lumière, ni le bruit, je ne tiens pas debout, la migraine résonne dans ma tête. Dans la journée, je m'endors et je rêve, j'ai peur. J'ai des sueurs. Je ne fais que penser à cette petite phrase : « Il ne faut pas se fier aux apparences. » Et c'est cela qui me fait peur, et si l'on me forçait à consulter cette personne que madame CBAZ a appelée A ? ... J'ai peur. Elle n'a pas de sourire, pas trop de vie, elle me fait peur parce qu'elle marche trop vite, comme si elle bousculait même les meubles.
Vendredi ,je commence un peu à me lever, mais je n'ouvre pas les volets encore. Vers 13H30, je commence à me préparer pour aller donner mon cours de piano le soir. Je ne suis pas encore trop vaillante, mais mon arrêt maladie n'était que pour 2 jours. Je sors, je me sens alors comme prise dans un étau dans toute la tête.
Au bout de 10mns de cours, mon élève décide de me ramener chez moi avec sa voiture. « Vous êtes malade, me dit-elle, vous êtes toute blanche ! » Arrivée chez moi, je me remets aussitôt à vomir, jusqu'au samedi soir.
Lundi, j'ai encore mal à la tête. Permanence téléphonique à D'une rive à l'autre. J'appelle madame CBAZ, j'ai trop peur que l'on me force à voir A, quand elle sera partie. Elle me donne sa parole que l'on ne me forcera pas.
La suite :
Un jour, en rendez-vous début mars, madame CBAZ me dit qu'elle vient d'apprendre (mi-février, juste avant ses vacances) qu'elles n'auraient pour l'instant qu'1 seule psychologue pour les remplacer. La deuxième n'arriverait pas avant septembre. Quand elle l'a appris, elle a pensé à moi, me dit-elle, car l'unique remplaçante sera A.
Elle me propose (à cause de ma peur de A), avec mon éventuel accord, de me mettre en tête de la liste d'attente qui serait transmise à la deuxième quand elle arriverait.
Dernier rendez-vous avec madame CBAZ avant sa retraite.
J'ai réfléchi toute seule. Dans ma tête, je me suis dit que je pourrais peut-être essayer des rendez-vous avec Karine, que peut-être cela se passerait bien. Madame CBAZ m'a toujours parlé d'une manière rassurante, (même si en fait on en a peu parlé), et je m'imagine que peut-être elle sera en fait très douce.
Et puis, autre raison qui me pousse à vouloir essayer A, c'est que je ne veux pas rester toute seule, et la date du 15 mars approche.
C'est quoi, pour moi, être toute seule ? C'est juste avoir peur de mon père, tout le temps, et être toute seule, avoir personne pour m'aider à être plus forte contre lui, pour lui dire non. Parce que, quand je ne suis pas toute seule, je peux profiter de l'aide de l'autre pour dire non à mon père. Dire non, c'est souvent, dans les faits, téléphoner à mon père du cabinet pour dire non. Seule, j'arrive pas à téléphoner. Il me fait peur. Une fois, j'ai appelé mon père parce que je ne voulais pas coucher dans sa chambre, et j'avais trop peur de dire non. Comme je n'étais pas seule au moment de l'appel, j'ai pu avoir des forces pour exprimer mon non. Voilà, je ne veux pas être seule contre lui.
Donc, ne voulant pas être seule, même pour quelques mois, le temps qu'une seconde psychologue arrive, je demande un rendez-vous avec Karine à madame CBAZ. Je lui demande si A ne va pas être énervée contre moi de ce que je veuille un rendez-vous, elle me dit que non, pas du tout.
[i]Dans ce chapitre, on parle de paix, de calme, de
L'avant et l'après la retraite de madame CBAZ :[/i]
Quand on arrivait, en général, on avait un bonjour de la secrétaire et un sourire. Maintenant, il n'y a plus de secrétaire, parce qu'il n'y a plus de financement pour cela, il n'y a plus de secrétaire, plus de sourire non plus.
Quand on attendait dans la salle d'attente, on était accueilli par le poste de radio allumé sur une station musique assez calme. Ça meublait, ça faisait un peu de vie quand même, ça meublait surtout. Maintenant, quand on arrive, il y a un peu de mort, pas de bruit, pas de vie plutôt. La pièce de la première psychologue, pièce qui donne sur la salle d'attente est vide, et il n'y a que du silence. Et si par hasard il y a quelqu'un à l'accueil quand on rentre, c'est quelqu'un qui est étranger à nos soucis, une comptable ou une bénévole de ce style. On se sent un peu de trop, tout est mort.
Quand madame CBAZ ouvrait sa porte, à la fin d'un entretien, elle le faisait lentement, calmement, posément. Elle disait au-revoir à la personne qu'elle quittait, avec respect, et elle vous prenait ensuite, en vous saluant avec respect vous aussi. Jamais en se pressant. Imaginez, une porte qui s'ouvre lentement, un accueil cordial.
Maintenant, on a une tornade et de la peur dans les lieux de l'association D'une rive à l'autre. Elle (A) marche trop vite, tout le temps vite, trop vite. Elle est tout le temps stressée, elle met de la peur dans ce lieu. Elle va vite. Elle ferme fort la porte. On a besoin de respect, de calme. Exemple :
(extrait de mon agenda/journal) Mardi 22 avril. 18H-19H: rendez-vous avec A. J'arrive vers 18H03, elle est au bureau dans l'entrée en train de copier des adresses d'un répertoire. J'ai peur, elle a l'air stressée/pressée/ça me fait trop peur. Je dis « bonjour » vite. Elle lève vite la tête comme si je la dérange, pas un sourire, un bonjour sans vie, elle replonge dans ses écritures. Je vais en salle d'attente. Puis je vais aux toilettes de l'entrée, j'ouvre la porte, je vois que la chasse est encore cassée, je repars en salle d'attente, ...(suite plus tard de l'épisode.).
Lorsque la collègue de madame CBAZ venait en salle d'attente chercher la personne suivante et qu'elle me voyait,parfols j'avais droit à un bonjour et à un sourire.
Mais la différence, avec A, c'est qu'elle sourit presque pas. Je ne peux pas lui dire, ça se fait pas, mais on dirait qu'elle est pas heureuse avec nous. C'est bon, un sourire. Elle est comme pas bien avec nous. Pourtant, elle est gentille ! Mais elle sourit presque pas. Je me souviens de ses sourires. Je crois que je l'ai vue sourire 4 fois en tout, et une fois c'était un sourire amusé. Je ne veux pas dire qu'elle est méchante ou sans coeur, au contraire, mais elle a pas de sourire. Et ça, ça fait très mal pour moi.
Elle est stressée, elle marche trop vite, elle est comme pas heureuse de me voir.
Premier rendez-vous avec A, 17 mars 08 :
Elle arrive, gentille, elle me tend la main et se présente. Moi, j'ai peur à cause de la première fois où je l'ai vue, en décembre 07.
Pendant le rendez-vous, j'ai peur, très peur. J'ai les larmes qui viennent, alors, pour cacher mon menton qui tremble comme quand on va se mettre à pleurer, je le mets dans mon écharpe.
Au bout d'1 demie-heure, elle me propose d'en arrêter là. Je suis étonnée, j'ai l'impression qu'il ne s'est pas écoulé une heure, surprise, je lui dis : « Il est déjà 17h30 ? »Elle me dit que non, mais qu'elle pense que c'est un peu difficile pour moi, et que peut-être je veux arrêter. Surprise, (je n'ai pas été habituée à cela avec madame CBAZ, je me doute qu'elle en a assez de moi, ce dont je me sens coupable, et je lui demande si elle en a assez de moi, plutôt pour m'excuser le cas échéant. Elle dit que non, et on se remet à parler. C'est la première fois que l'on se voit.
Ce jour-là, on a parlé de la raison pour laquelle je viens : ma peur de mon père. Comme j'avais peur de ne pouvoir en parler moi-même, j'avais demandé à l'ancienne thérapeuthe si elle pourrait lui expliquer pourquoi je venais, etc.
Alors, pendant l'entretien, je lui ai demandé
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